Comment gérer les crises de colère de mon enfant ?
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Ton enfant hurle parce que tu as coupé sa tartine dans le mauvais sens. Ou il se roule par terre au moment de quitter le parc. Tu te demandes alors comment gérer les crises de colère de mon enfant sans finir par crier toi aussi.
Avec plusieurs enfants, les journées vont vite. Il y a le repas, les devoirs, les disputes et parfois un bébé dans les bras. Dans ce tourbillon, une crise de colère peut faire déborder le vase. Pourtant, il existe des gestes simples pour traverser ces moments plus sereinement.
Dans cet article, nous allons d’abord comprendre ses colères pour mieux intervenir. Ensuite, nous verrons quoi faire pendant la crise, selon son âge et selon la situation. Enfin, nous parlerons de toi, de ta fatigue et de la façon de réparer quand tu as crié. Chaque enfant est différent : prends ce qui te parle et laisse le reste.
Pourquoi mon enfant fait-il des crises de colère ?
Un enfant qui fait des crises n’est pas forcément capricieux ou mal élevé. Bien souvent, il est simplement submergé. Il ressent une émotion trop grande pour lui et ne sait pas encore la contenir. La colère déborde alors en cris, en pleurs ou en gestes. Chez le tout-petit, c’est même une étape normale du développement.

Une capacité qui se construit avec le temps
Savoir gérer ses émotions ne s’apprend pas en un jour. Cette capacité se développe progressivement, au fil des années et des expériences. Un tout-petit a besoin d’un adulte calme pour retrouver son propre calme. Ainsi, en restant posée, tu lui prêtes en quelque sorte ta stabilité.
D’ailleurs, les crises sont fréquentes chez les jeunes enfants. Selon le Manuel MSD, elles sont surtout courantes entre 2 et 4 ans. Elles deviennent ensuite plus rares, même si les grands peuvent aussi exploser parfois.
Les déclencheurs les plus fréquents
Souvent, la colère arrive quand plusieurs petites choses s’additionnent. Voici les déclencheurs que l’on retrouve le plus souvent :
- La fatigue : une sieste ratée ou une nuit agitée.
- La faim : la fin d’après-midi avant le repas est souvent tendue.
- La frustration : un refus, une tour qui s’écroule, un jeu perdu.
- Les transitions : arrêter un jeu, partir, se laver, aller au lit.
- Le besoin d’autonomie : « Moi tout seul ! », même quand c’est difficile.
- Les difficultés à s’exprimer : ne pas trouver les mots ou ne pas être compris.
- La surcharge sensorielle : trop de bruit, de lumière ou de monde.
Accueillir l’émotion, cadrer le comportement
L’émotion et le comportement ne sont pas la même chose. Ton enfant a le droit d’être en colère. En revanche, il n’a pas le droit de taper, de casser ou de blesser. C’est pourquoi on peut accueillir la colère tout en gardant des limites claires.
Entre mamans
Une crise ne dit rien de ta valeur de mère. Elle montre surtout que ton enfant apprend encore. Et toi aussi, tu apprends chaque jour à l’accompagner.
Crise de colère enfant : ce qui change selon l’âge
Les âges ci-dessous sont seulement indicatifs. Chaque enfant évolue à son rythme, avec son tempérament. Observe surtout ton enfant à toi.
Entre 2 et 3 ans
À cet âge, l’enfant veut tout faire seul, mais il manque encore de mots. Par exemple, il hurle parce qu’il voulait appuyer lui-même sur le bouton de l’ascenseur. Mets des mots simples sur ce qu’il vit : « Tu voulais appuyer. Tu es fâché. » Ensuite, propose une petite solution : « Au prochain étage, c’est toi. »
Entre 4 et 6 ans
L’enfant parle mieux, mais la frustration reste forte. Il peut crier « C’est pas juste ! » quand son frère reçoit plus de temps d’écran. À cet âge, il comprend déjà les règles et les explications courtes. Ainsi, tu peux nommer l’émotion, puis rappeler la règle avec calme. Plus tard, cherchez ensemble ce qu’il pourra faire la prochaine fois.
Entre 7 et 10 ans
Les colères sont souvent liées à l’école, aux copains ou au sentiment d’injustice. Par exemple, il claque la porte après une remarque sur ses devoirs. Laisse-lui d’abord un moment pour redescendre. Ensuite, discutez de ce qui s’est passé, sans interrogatoire. D’ailleurs, il peut déjà apprendre ses propres astuces : respirer, s’isoler, dessiner ou bouger.
Chez les préadolescents
Vers 10 ou 12 ans, la colère peut devenir plus silencieuse ou plus piquante. Ton enfant cherche plus d’indépendance et supporte mal d’être traité comme un petit. Évite de répondre à chaque mot sur le même ton. Propose plutôt : « On en reparle quand on sera tous les deux calmes. »
Comment gérer les crises de colère de mon enfant pendant la crise ?
Pendant la crise, ton enfant n’est pas en état d’écouter une leçon. Ton rôle est surtout de garder le cap et d’être un repère. Voici dix étapes, avec un exemple pour chacune. Tu n’as pas besoin de toutes les réussir à chaque fois.
- Sécuriser l’environnement. Éloigne ce qui peut blesser ou se casser. Par exemple, retire le verre de la table ou éloigne le petit frère.
- Réguler ta propre réaction. Respire lentement une ou deux fois pour garder ton sang-froid. Ainsi, ta voix restera plus posée.
- Te placer à une bonne distance. Reste proche sans l’envahir. Par exemple, assieds-toi à un mètre, à sa hauteur.
- Parler doucement, avec des phrases courtes. « Je vois que tu es en colère. Je suis là. » Cela suffit souvent.
- Reconnaître l’émotion sans céder automatiquement. « Tu es déçu de ne pas avoir de bonbon. Je comprends. La réponse reste non. »
- Éviter les longs discours. Pendant la crise, les explications ne passent pas. Garde-les pour plus tard.
- Proposer une présence rassurante, sans imposer le contact. « Si tu veux un câlin, je suis là. » Certains enfants préfèrent qu’on ne les touche pas.
- Maintenir une limite. « Tu as le droit d’être déçu, mais je ne peux pas te laisser taper. » Si besoin, bloque doucement le geste.
- Laisser le temps de se calmer. La tempête finit par passer. Par exemple, attends en silence, en restant disponible.
- Revenir sur la situation après la crise. Plus tard, dans un moment calme, parlez-en simplement : « Tout à l’heure, tu étais très fâché. Qu’est-ce qui t’aurait aidé ? »

Phrases à garder sous la main
- « Je vois que tu es en colère. Je suis là. »
- « Tu as le droit d’être fâché. Je ne te laisse pas taper. »
- « Je t’attends. On en parle quand tu seras prêt. »
- « C’est difficile pour toi. On va trouver une solution ensemble. »
Et quand c’est moi qui perds patience ?
Soyons honnêtes : nous avons toutes déjà crié. La fatigue, le bruit et la charge mentale réduisent notre réserve de calme. C’est souvent le signe que tu portes beaucoup. Si tu te reconnais là, j’en parle aussi dans l’article Je suis une maman épuisée : comment retrouver de la patience.
Des gestes réalistes pour garder ton calme
- Ralentir : ton enfant ne peut pas se calmer si toi, tu cours partout.
- Respirer : une longue expiration avant de répondre change souvent le ton.
- Demander du relais : ton conjoint ou un proche peut prendre la suite quelques minutes.
- T’éloigner un instant : si ton enfant est en sécurité, une minute dans la pièce d’à côté est permise.
Comment réparer après avoir crié
Une erreur se répare. D’abord, attends d’être apaisée. Ensuite, reconnais ce qui s’est passé, avec des mots simples : « J’ai crié. Ce n’était pas juste. Je suis désolée. » Puis rappelle calmement la règle : « Par contre, on ne jette pas les jouets. » Ainsi, ton enfant apprend qu’on peut se tromper et réparer.
Les réactions à éviter quand ton enfant est en colère
Certaines réactions arrivent vite quand on est à bout. Pourtant, elles ont tendance à aggraver la crise ou à blesser l’enfant. Voici celles à éviter autant que possible :
- Humilier ou se moquer : « Regarde, tu fais le bébé ! »
- Menacer de punitions démesurées ou impossibles à tenir.
- Comparer avec un frère ou une sœur : « Ta sœur, elle, est sage. »
- Crier plus fort que lui pour le faire taire.
- Imposer un contact physique qu’il refuse.
- Négocier sans fin pendant la crise.
- Céder à chaque fois, juste pour arrêter les cris.
Cependant, pas de panique si tu as déjà eu l’une de ces réactions. Une erreur isolée ne détermine pas à elle seule le développement de ton enfant. Ce qui compte, c’est la relation au fil du temps, et ta capacité à réparer. D’ailleurs, les autorités de santé rappellent qu’un enfant n’a pas besoin d’un parent parfait.
Comment prévenir les crises de colère au quotidien ?
On ne peut pas supprimer toutes les colères, et ce n’est pas le but. En revanche, on peut réduire les situations qui les déclenchent. Voici des pistes concrètes :
- Repérer les déclencheurs : note pendant une semaine quand les crises arrivent.
- Agir dès les premiers signes de colère : une voix qui monte, des poings serrés, un regard qui fuit.
- Anticiper les transitions : « Dans cinq minutes, on range. »
- Garder des routines : les mêmes étapes rassurent, surtout le soir.
- Offrir des choix limités : « Pyjama bleu ou pyjama rouge ? »
- Répondre à ses besoins de base : repos, repas, câlins et attention.
- Apprendre les mots des émotions : fâché, déçu, frustré, inquiet.
- Utiliser des supports visuels : images de la routine ou roue des émotions.
- Prévoir des temps de connexion : dix minutes seule avec chaque enfant.
- Encourager les efforts : « Tu étais fâché et tu as respiré, bravo. »
- Adapter tes attentes à son âge et à sa journée.
Pour les supports visuels, nos activités gratuites à imprimer peuvent aussi offrir des moments calmes à partager.
Observer, essayer, ajuster
Une méthode demande un peu de temps avant de montrer ses effets. Essaie-la pendant une ou deux semaines, sans changer à chaque difficulté. Ensuite, observe : les crises sont-elles plus courtes, moins fréquentes ou moins intenses ? Si rien ne bouge, ajuste un détail plutôt que de tout abandonner. D’ailleurs, ce qui marche avec ton aîné ne marchera peut-être pas avec ton cadet.
Handicap et besoins particuliers : adapter son accompagnement
Certains enfants vivent des colères liées à une difficulté de communication. C’est le cas, par exemple, d’enfants sourds ou malentendants qui ne comprennent pas une consigne donnée de loin. D’autres ont des particularités sensorielles ou un trouble du développement. Leur colère exprime alors souvent un besoin qu’ils ne parviennent pas à dire.
Dans ces situations, quelques adaptations aident beaucoup :
- Se placer face à l’enfant et capter son attention avant de parler.
- Donner des consignes courtes, accessibles, avec des gestes ou des signes.
- Utiliser des images, des pictogrammes ou un planning visuel.
- Annoncer les changements à l’avance, et plusieurs fois si besoin.
- Réduire le bruit et l’agitation quand c’est possible.
Pour aller plus loin, lis notre article Comment communiquer avec un sourd ou malentendant. Nos livres Le monde d’Inaya parlent aussi de surdité et d’inclusion avec douceur.
Quand consulter un professionnel ?
Parle-en à ton médecin ou à ton pédiatre si les crises sont très fréquentes, très intenses ou dangereuses. Fais-le aussi si elles durent longtemps, ou si elles perturbent durablement la vie de famille ou l’école. Le Manuel MSD cite notamment des colères de plus de 15 minutes ou plusieurs fois par jour. Ce n’est pas un échec : c’est une façon de mieux comprendre ton enfant.
Six situations du quotidien et comment réagir
Éteindre la télévision
Déclencheur possible : l’arrêt brutal d’une activité agréable. À éviter : couper l’écran sans prévenir. À essayer : annonce la fin cinq minutes avant, puis à la fin de l’épisode. Ensuite, propose l’activité suivante : « Maintenant, tu m’aides à mettre la table ? »
La crise au supermarché
Déclencheur possible : la fatigue, la faim et les tentations dans les rayons. À éviter : céder pour faire taire, ou crier devant tout le monde. À essayer : prévois un petit goûter et donne-lui une mission, comme choisir les pommes. En cas de crise, va dans un coin plus calme et attends à ses côtés.
Les devoirs
Déclencheur possible : la fatigue de la journée et la peur de se tromper. À éviter : les remarques sur sa lenteur ou ses erreurs. À essayer : un goûter et une pause avant de commencer. Puis découpe le travail en petites étapes et félicite l’effort.
La dispute pour un jouet
Déclencheur possible : le sentiment d’injustice entre frères et sœurs. À éviter : chercher un coupable tout de suite. À essayer : sépare-les si quelqu’un risque d’être blessé. Ensuite, nomme ce que chacun ressent et proposez ensemble une solution, comme un minuteur pour les tours.
Quitter le parc
Déclencheur possible : la transition et le plaisir qui s’arrête. À éviter : « On part tout de suite ! » sans prévenir. À essayer : « Encore deux toboggans, puis on rentre. » Sur le chemin, parlez du meilleur moment de la sortie.
La crise pendant que tu t’occupes du bébé
Déclencheur possible : le besoin d’attention et un peu de jalousie. À éviter : « Attends, je n’ai pas le temps ! » répété sans fin. À essayer : nomme son besoin : « Tu as besoin de moi, toi aussi. » Puis implique-le : « Tu me passes la couche ? » Enfin, garde un petit moment rien que pour lui dans la journée.
FAQ : les questions des parents sur les colères
Comment gérer les crises de colère de mon enfant sans crier ?
Commence par prendre soin de ton propre calme : respire et ralentis. Ensuite, utilise des phrases courtes et reste présente. Garde la limite, sans négocier pendant la crise. Enfin, reparle de la situation une fois que tout le monde est apaisé.
Mon enfant tape pendant une crise : que faire ?
Bloque doucement le geste et dis clairement : « Je ne te laisse pas taper. » Protège aussi les autres enfants si besoin. Plus tard, montre-lui d’autres façons d’exprimer sa colère : taper dans un coussin, crier dans un oreiller ou serrer les poings.
À quel âge les crises de colère diminuent-elles ?
Les crises sont surtout fréquentes entre 2 et 4 ans, puis elles se font plus rares. Cependant, chaque enfant évolue différemment. Les plus grands peuvent encore exploser, surtout quand ils sont fatigués ou stressés.
Que faire après une crise de colère ?
Une fois le calme revenu, propose un câlin ou un moment ensemble. Ensuite, mettez des mots sur ce qui s’est passé, sans reproches. Enfin, cherchez ensemble une autre façon d’exprimer sa frustration la prochaine fois.
Faut-il ignorer un enfant qui crie ?
Mieux vaut ne pas répondre aux cris par des cris, ni céder. En revanche, ignorer complètement l’enfant peut le faire se sentir seul. Tu peux rester proche et calme, sans entrer dans la négociation.
Quand s’inquiéter des colères de son enfant ?
Consulte si les crises sont très fréquentes, très longues, dangereuses ou si elles perturbent durablement le quotidien. Ton médecin ou ton pédiatre pourra t’orienter. Demander de l’aide est une démarche positive.
Pour conclure, de maman à maman
Les colères font partie du chemin de nos enfants. L’objectif n’est pas de les supprimer, mais de les aider à les traverser sans violence. Et les jours plus difficiles, souviens-toi que la réparation est toujours possible.
Un enfant peut avoir besoin d’aide pour apprendre à gérer sa colère. Et un parent peut, lui aussi, apprendre à mieux gérer la sienne.
Pour accompagner ton enfant avec douceur, tu peux aussi faire pour lui les invocations en faveur de nos enfants. Et toi, comment vis-tu les colères à la maison ? Partage ton expérience dans les commentaires : tes astuces aideront peut-être une autre maman.